Qu’est-ce qu’un accélérateur ?

Vite, vite, c’est à vous de jouer mais sachez vous faire entourer

Le Founder Institute nous fait le plaisir de nous décrire la notion d’accélération de projet startup.


Faut-il accélérer sa startup, pourquoi, comment, où ?

Depuis quelques années, aux Etats Unis d’abord et puis en France s’est développé un mouvement d’aide aux start’up à travers une pléthore de conseils, cursus, hébergements, d’aides, de dispositions spéciales, ou encore de subventions largement distribuées par certains organismes, associations, réseaux, groupements,  écoles, instituts, gouvernements ou collectivités. Pas facile de s’y retrouver, comment choisir et à qui s’adresser ?

 

Quelle attitude le créateur d’entreprise doit-il adopter face aux différentes aides qu’il peut recevoir ?

Pour le créateur d’entreprise, sa première pensée ira vers les aides pécuniaires et monétaires qu’il  peut recevoir et souvent se mettra en route pour identifier et collecter des fonds, publics ou privés. Il se  transformera  alors plus ou moins  en chercheur de subventions et d’aides diverses, laissant au deuxième plan le travail sur son projet ou son entreprise. Ce travail de recherche sera d’autant plus difficile que son projet sera en phase initiale, car ces aides s’adressent le plus souvent à des projets déjà un peu avancés. Il est donc primordial que le créateur d’entreprise fasse un calcul préalable de son espérance de vie en mode start’up, c’est-à-dire qu’il puisse réunir les ressources nécessaires qui lui permettrons de travailler « sereinement » sur son projet pendant un temps qu’il estimera, sans avoir à se soucier de faire rentrer de l’argent. Il prend bien sûr un risque, c’est son premier risque d’entrepreneur sachant que la réussite n’est pas toujours au bout. La création réussie d’une startup repose essentiellement sur une saine évaluation de son avancement. Evaluer l’avancement de sa start’up, c’est être capable de se confronter au monde extérieur, d’écouter et de comprendre ce qui va et ce qui ne va pas et être capable de rectifier le tir au bon moment.

 

Pourquoi avoir recours à un accélérateur ?

La création d’une entreprise ne s’arrête pas au simple dépôt des statuts au tribunal de commerce et de quelques fonds à la banque. En dehors des ressources monétaires, le créateur d’entreprise ignore bien souvent les difficultés qu’il doit affronter. Particulièrement dans le monde Internet, les créateurs d’entreprise ont une idée basée sur un besoin, un manque plus ou moins clairement exprimé, ou leur entreprise est basée sur une application qu’ils ont commencé de développer. Dans la grande majorité des cas, particulièrement en France, cette approche de la création d’une startup à partir d’une solution technique cache une grande méconnaissance des besoins réels des clients et du marché.  Il est fréquent de rencontrer des créateurs d’entreprises qui se lancent à corps perdu dans le développement de leur solution, mais ne prennent pas le temps d’identifier et de comprendre profondément les clients auxquels ils s’adressent, et de découvrir et connaitre leur concurrence. Et donc plus ils avancent dans le développement de  leur solution, plus ils se rapprochent de l’issue fatale. Etre capable d’identifier ses clients, de les interroger et d’adapter sa solution à leurs vrais besoins, et savoir se différencier de sa concurrence sont des démarches fondamentales  car de ces exercices longs et plein de surprises découleront la dynamique de vente et le business modèle qui conduiront au succès.

 

Quel est le rôle de l’accélérateur

Le rôle de l’accélérateur est de rompre l’isolement du créateur d’entreprise, de lui permettre de se confronter au monde extérieur et de recevoir des feedback objectifs et positifs qui lui permettront d’identifier les problèmes et de franchir les obstacles qu’il rencontre tout au long du processus de création de son entreprise. Il s’agit de créer une relation qui permet à l’entrepreneur d’avancer en confiance dans un monde qu’il connait mal, ou pas du tout. L’accélérateur n’est  pas un endroit où seront enseignés le marketing , la comptabilité, les rudiments de droit des sociétés, etc…  Beaucoup d’accélérateurs, dans leur processus d’accompagnement, attribuent un mentor à la jeune entreprise. Ces mentors sont de préférence des chefs d’entreprise expérimentés, mais bien souvent, ils ont un domaine de prédilection, des compétences particulières (marketing, développement, communication, distribution, business modèle,  programmation, etc..) liées à leurs activités précédentes et ne savent pas résoudre tous les problèmes que présente la startup.  C’est pourquoi, certains accélérateurs innovant comme le Founder Institute s’appuient sur un plus vaste réseau de mentors qui sont appelés pour résoudre un type de problème plus particulier dans un domaine où ils sont experts.  La logique « un mentor par entreprise » est remplacée par un « mentor par problème ». Ce fonctionnement en réseau est plus flexible, plus ouvert et mieux adapté à la diversité des entreprises, permettant au créateur d’entreprise d’obtenir plusieurs avis sur une difficulté qu’il rencontre.

 

Investisseur ou accompagnateur ?

Beaucoup d’accélérateur, comme Y Combinator aux Etats Unis, investissent dans les startups et prennent une part du capital, de 3 à 10%, en général au nominal. Ceci a pour effet de créer une sélection des startup beaucoup plus orientée sur la qualité du projet que sur la qualité de l’équipe.  Ainsi, les projets à forte composante technique et technologique ont plus de chance d’être choisis parce qu’ils sont plus facile à évaluer, alors que les qualités d’entrepreneur et les qualités d’une équipe s’expriment et se dévoilent dans le temps, sur  la manière de résoudre les problèmes et de faire avancer l’entreprise.  Beaucoup d’accélérateurs ont aussi tendance à favoriser les entrepreneurs ou les équipes qui ont déjà une expérience prouvée dans leur activité, ou encore les entrepreneurs bardés de diplômes. Une récente enquête à Paris, réalisé par Ipsos et L’atelier BNP mettait ce phénomène en évidence. D’autres accélérateurs n’investissent pas dans les startup qu’ils accompagnent mais prennent un ticket (success fee) sur la réussite de l’entreprise à travers des BSA (Bons de souscription d’actions).  Le risque est alors plus grand pour l’accélérateur, mais il délivrera  un accompagnement efficace pour l’entreprise à long terme plutôt qu’un accompagnement qui maximise le retour sur investissement au plus vite, parfois contre la volonté des entrepreneurs. Il restera aussi plus neutre car non impliqué dans le « board » de l’entreprise crée.

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A propos d’Alain Baritault

Alain Baritault a installé le Founder Institute à Paris en 2010. Il a accompagné près de 80 startup en France. Il a été journaliste dans les hautes technologies et a passé l’essentiel de sa carrière dans la Silicon Valley, correspondant aux Etats Unis pour 01 Informatique, Sciences et Vie Micro, La Tribune, PC Expert…  Il est co-fondateur de DBF, l’association des Français de la Silicon Valley.

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